Adolphe Quetelet, statisticien belge, 1832. Il cherche à décrire des populations entières. Il invente un indice rapide : poids divisé par taille au carré. Il prévient lui-même : ne pas utiliser au niveau individuel.
200 ans plus tard, ton médecin t'annonce que tu as un IMC de 32 et que tu dois "perdre du poids" sans te demander combien tu fais de squat.
Le problème.
L'IMC ne sait pas faire la différence entre 10 kg de gras et 10 kg de muscle. Pour lui c'est pareil.
Conséquences absurdes :
- Un rugbyman de 110 kg pour 1m85, 12 % de gras → "obèse classe 1" selon l'IMC
- Un sédentaire de 70 kg pour 1m75, 30 % de gras → "poids normal" selon l'IMC
Devine lequel des deux risque l'infarctus dans 10 ans.
Ce qu'il faut regarder à la place.
Le seul ratio simple qui ait fait ses preuves cliniquement : le WHtR (Waist-to-Height Ratio). Tour de taille divisé par taille.
WHtR = tour_taille_cm / taille_cm
Règle de poche : ton tour de taille doit être inférieur à la moitié de ta taille.
| WHtR | Lecture |
|---|---|
| Moins de 0.43 | Sous-poids ou très sec |
| 0.43 - 0.49 | Optimal santé |
| 0.50 - 0.57 | Surpoids viscéral, à surveiller |
| 0.58 - 0.62 | Obésité viscérale, action |
| Plus de 0.63 | Sévère, consulte |
Une étude de 2012 sur des dizaines de cohortes a montré que le WHtR prédit mieux le risque cardio-métabolique que l'IMC. Plus simple. Plus précis. Et tu n'as besoin que d'un mètre ruban à 3 euros.
Mesure correcte.
Debout, mètre horizontal, au niveau du nombril, expiration complète, ventre non rentré. Pas de triche.
Conclusion.
L'IMC n'a aucune place dans un plan personnalisé. Il a sa place dans des études épidémiologiques sur 50 000 personnes. Si quelqu'un te juge à ton IMC, tu peux poliment ranger sa réflexion à la même date que son outil.